Voies lacrymales

Les larmes sont produites par la glande lacrymale (eau) et par les paupières (huile).
Le mélange idéal doit être assez gras que pour tenir sur l’oeil et le protéger. Pas trop afin de ne pas troubler la vision. Les larmes tombent ensuite sur la paupière inférieure. Elle doivent alors s’orienter vers le coin de la paupière, entre l’oeil et le nez, pour pénétrer dans un tout petit trou, appelé point lacrymal. Elles sont ensuite drainées dans le canalicule lacrymal, puis dans le canal lacrymo-nasal pour aboutir dans l’arrière nez et être avalées sans que l’on s’en rende compte.

ENFANT :
Parfois, de très jeunes enfants pleurent. C’est souvent parcequ’une petite membrane persiste dans le canal lacrymal qui vient à peine d’être constitué. Percer la membrane au moyen d’une petite tige résout habituellement le problème en quelques secondes. D’autant que les larmes sont de bonne composition, les paupières sont bien positionnées, et que le reste du système lacrymal est habituellement normal.

ADULTE :
Chez l’adulte, c’est souvent diférent. Le larmoiement est presque toujours multi-factoriel.
– Les larmes peuvent être de composition inadéquate (trop liquides), elles protègent donc moins bien l’oeil, s’évaporent, coulent davantage. Elles devraient être remplacées (larmes artificielles).
– L’oeil peut être sensible (yeux clairs, réactifs, conjonctives fines, terrain allergique…). L’atomosphère peut être irritante (air conditionné, travail sur écran ou en mileu poussiéreux, grands magasins, courants d’air, froid hivernal…). Si l’oeil est sensible ou l’atmosphère irritante, la sécrétion de larmes est augmentée car l’oeil pense que davantage de larmes le protégeront mieux… On ne saurait trop insister sur la diminution des facteurs irritants et l’intérêt de grands lunettes de protection. – Les paupières inférieures peuvent être trop laxes, ou d’orientation inverse. Les larmes s’accumulent alors entre l’oeil et la paupière, ou bien coulent dans le sens opposé à celui du drainage souhaité… Par fois une chirurgie des paupières fera partie du traitement.
– Le point lacrymal peut être trop étroit, ou malpositionné. C’est en particulier le cas si un mouchoir est souvent utilisé pour éponger / frotter le coin de l’oeil humide. Même si l’oeil pleure, même si ça trouble la vision, un mouchoir ne devrait jamais s’approcher du bord libre de la paupière. Il est permis de tamponner la joue, pas la paupière, qui est trop fragile. Parfois encore, une chirurgie du point lacrymal fera partie du traitement.
– Le canalicule, juste derrière le point lacrymal, tout petit tube, plus fin qu’un spaghetti, peut être sténosé (trop étroit) ou complètement obstrué. En particulier si de grosses conjonctivites l’ont irrité. C’est malheureusement très difficile à corriger.
– Le canal lacrymo-nasal, finalement, peut être congestif ou bouché, un peu comme chez l’enfant :

Le seringuage de la voie lacrymale à l’aide d’une petite canule n’est pas, contrairement à ce qui est souvent pensé, un “débouchage”. C’est un examen qui permet de mieux comprendre votre situation. Il permet de se rendre compte si le canal lacrymal est effectivement bouché ou non.
Si le canal lacrymal est bouché, une chirurgie peut se discuter. Mais c’est une chirurgie sous anesthésie générale, pour reconstruire un nouveau canal, à travers l’os, entre l’oeil et le nez…

Que le canal lacrymal soit obstrué ou non, il faut donc commencer par agir sur tous les autres facteurs pour peut-être améliorer un peu la situation…